Je crains qu'on ne confonde les vers sur le cadavre avec la cause de la mort. Il y a bien longtemps que le peuple a renoncé à sa puissance et consenti à son asservissement (1992, 2005). Les phénomènes dont on s'inquiète (tribalisme entropique, anomie violente, désintégration "inclusive" du langage...) ne sont qu'une chute automnale de feuilles mortes, une désarticulation d'organes que plus aucun principe vital ne maintient ensemble. Tels qui se croient à l'origine de ce "cancel" ou de ce "reset" ne sont que les remous d'une dépression atmosphérique. Et tels qui s'imaginent y résister ne font qu'y opposer l'évanescence de leurs nostalgies conservatrices... L'identité et la souveraineté sont une seule et même chose : c'est la vie d'un être collectif en tant qu'elle se projette sur le monde.
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Affichage des articles du mai, 2021
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Je ne pense pas qu'il faille envisager le problème de la France en terme d'assimilation. Bien plus qu'un projet politique, trop souvent magnifié, et dont l'abandon expliquerait l'état de déréliction où nous sommes, l'assimilation est un processus vital dont on ne perçoit l'existence, à la manière d'une maladie sur son organe, que lorsqu'il dysfonctionne. L'assimilation n'a plus de sens quand, déjà, le cadavre de notre corps social a commencé de pourrir. Assimiler, soit, mais qui, et à quoi ? Aux "valeurs de la République" ? Mais la République n'est plus que le nom qu'on donne, faute de mieux, à un cloaque d'intérêts sordides qui cherchent à se préserver en pleine déroute. A notre identité ? Mais l'identité n'est pas un bagage que l'on trimballe avec soi, un objet inerte dont on peut revendiquer la possession (ou la perte) une fois pour toutes. C'est une dynamique, qui est la dynamique même de la vie. Or...
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Le conflit israélo-palestinien est une tragédie collatérale de l'universalisme occidental, dont Israël constitue (de l'aveu-même de ses plus ardents défenseurs) un front pionnier. Nous vivons un drame intérieur qui mène les uns (plutôt "l'extrême droite") à se saisir de l'islam, les autres (plutôt "l'extrême gauche") d'Israël lui-même, pour s'en faire, chacun dans le miroir de l'autre, un bouc émissaire à sa propre violence. Se trouve ainsi sanctionnée par un échec flagrant la prétention à fonder en Raison une "gouvernance mondiale" qui transcende politiquement toute forme de particularisme. Je dis "plutôt" car on observe entre ces deux camps un mouvement d'indifférenciation qui aggrave un peu plus la violence des affrontements. J'en veux pour preuve qu'une très grande partie de l'extrême-gauche est en train de basculer à la droite de l'extrême droite après avoir constaté que la figure du "...