Sous les yeux de l'Occident terminal repassent à toute allure les fantômes de son histoire : crises de panique qui nous ramènent quelque part entre les angoisses de 1550, quand naquit l’État moderne dans les douleurs de ce qu'on appela rétrospectivement "les guerres de religion", et la "grande peur" de l'été 1789, quand les paysans allèrent brûler quelques châteaux désaffectés et firent place nette à la République bourgeoise. Dans la reviviscence de nos ancestrales terreurs se mûrit le triomphe de nos prochains maîtres. Meilleurs vœux, donc, pour cette année qui s'annonce "magique" sous tous rapports... Courage surtout à tous ceux qui vont essayer de rester droits, qui vont s'agripper au bastingage pour ne pas céder aux sirènes des "désangoissements" frauduleux que les tenanciers de l'Occident terminal ne vont pas manquer de vouloir nous refourguer en douce. La désarticulation de notre commun langage risque d'êt...
Tandis que recommencent à prospérer au grand jour, jusqu'à en faire des chansons, les miasmes de laideur et de médiocrité qui empuantissent régulièrement les marécages de notre histoire, voilà ce qui me réconcilie avec l'idée de France, à la fois contre ceux qui en nient l'existence et contre ceux qui la rabougrissent à la taille de leurs obsessions : ce visage où elle se réactualise comme un éternel défi à l'Empire. Partager le même passeport que Rima Hassan, c'est se sentir participer du monde des vivants, vérifier que l'universel humain, malgré le sang répandu et les souffrances infligées, continue de se dire dans cette langue où tant de récits ont fini par se rejoindre et par s'épouser. C'est son être même, son déracinement originel, que Rima Hassan hurle dans la langue qui est la nôtre. Et cela se reçoit comme un trésor qui nous oblige, indépendamment de tous les parasites qui font grésiller la réception du message. Je trouve invraisemblable que ce...
Les informations qui commencent à circuler au sujet du "terroriste de Magdebourg" racontent quelque chose de fondamental qu'a vocation à masquer la querelle de chiffonniers entre l'extrême-droite (dehors les immigrés) et l'extrême-gauche (à bas l'AFD). La gauche déconstructrice des années 60 était anti-chrétienne : elle se définissait par rapport à un signifié avec laquelle elle entretenait une relation de transgression consciente et riche de significations nouvelles. L'ultra-droite Bolloré est a-chrétienne : elle comble de signifiants creux et frelatés (un "marché de Noël", une "crèche" dans une mairie...) une complète évaporation du signifié chrétien. Rien n'est plus absent au christianisme que l'extrême-droite identitaire : il fallait peut-être un "athée saoudien" pour le faire savoir. Comme individu sans passé ni futur, le "terroriste de Magdebourg" reflète une génération d'"athées pieux...
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