L'ÊTRE ET LE NÉANT
En 1962, entre les tenants de l'apartheid (OAS) et ceux de la décolonisation (FLN) s'était immiscé un tiers séparateur, un médiateur externe capable d'imposer une différence entre les jumeaux de la violence. De Gaulle partageait avec l'OAS la même vision étroite d'une France ethnique, mais il avait compris que cette singularité n'était viable qu'au prix d'une séparation, d'une distinction, en un mot : d'une reconnaissance politique. Malgré ce que les vociférations d'un Sartre pouvaient laisser supposer, ce n'était pas le terrorisme qui avait gagné. C'était au contraire la capacité de mettre fin réciproquement à un récit dans lequel l'adversaire ne pouvait être représenté que comme terroriste et n'avait pas d'autre issue que de se conformer à cette représentation. La solution d'Évian était imparfaite, la séparation fictive (la suite le montra), mais elle avait au moins le mérite d'exister. Pour la dernière fois peut...